Libellés

03/04/08

Secrets

Cela faisait des jours et même des semaines
Qu’elle pouvait, sur moi, évacuer sa haine.
Elle les détestait, tous autant qu’ils étaient.
Ses parents, ses amis, « l’homme » qu’elle avait aimé.
Elle venait me voir en pleine adolescence
A l’heure où l’on met, en corbillard, l’enfance.
Elle venait verser son venin, sa douleur,
Ses hontes, ses malaises, mais aussi ses bonheurs
Sur mes belles pages blanches de « journal des secrets ».
Elle venait sans crainte, me sachant très discret.
Pour m’aider à me taire il y avait un verrou.
Elle seule pouvait me confier son courroux.
Je connaissais le nom de toutes ses amies
La Aurore, la Myriam, mais aussi la Julie.
Mais je vous dis ici, n’attendait pas de moi
Que je mette au grand jour ses intimes émois,
Les douleurs de son âme ou ses tourments d’ado.
Je n’en dévoilerai ni les maux, ni les mots.

Non, non n’insistez pas, je ne vous dirai rien !
Se serait un outrage que je ferais aux miens.
Etre un journal intime est un très grand bonheur
Et trahir un secret serait un déshonneur.
Pour moi, évidemment, et pour mes congénères.
Alors n’insistez pas j’ai appris à me taire.
Pour devenir « journal » il faut le mériter.

Nous passons tout d’abord un concours de beauté.
Les plus moche par contre ne seront que brouillons.
Pour moi se fut facile. Avec les papillons
Argentés et dorés qui ornaient ma serrure,
J’étais bien le plus beau, sans commune mesure.
Un vieux journal intime qui n’avait plus de clé
Et destiné bientôt à être recyclé,
Nous fit passé le test de « non divulgation ».
Il fallait résister aux manipulations,
A toutes tentatives d’ouverture contrainte.
Pour voir si nous pouvions recevoir les complaintes.
Je gagnai haut la main. Je fus donc décoré
De deux petits crochets et d’un verrou doré
Marquant aux yeux de tous, l’honneur qui m’était fait.
Je partis à la vente pour supporter mon faix.

Comprenez-vous pourquoi je ne trahirais point
Les secrets les plus lourds ni ceux qui le sont moins ?


Exposé au 15ème salon national des artistes du canton de Florensac(2008)

Poésie pharmacienne

Gélules, comprimés ou bien encore sirop,
Vous aimeriez mieux quoi contre le mal au dos ?
Dans un grand verre d’eau, deux gélules le matin,
Je vous assure, monsieur, ça vous ferait du bien.

Et vous, mademoiselle, vous, vous souffrez des dents ?
Je vais vous procurer le meilleur des calmants
A prendre vers midi, juste avant le repas
Et ce pendant trois jours et le mal s’en ira.

Ah oui ! Et vous, madame, c’est donc pour votre chien
Qui a les yeux qui pleurent et qui ne sent plus rien.
Je vous conseille donc quelques suppositoires
Que vous devrez lui mettre, avant dormir, le soir.

Non ça je vous assure. Non, aucun traitement
N’aidera votre fils à manger proprement.
Quant à votre furet je ne peux plus rien faire
Je crois bien qu’il est mort. Faut-il que je l’enterre ?

C’est l’heure mesdames, messieurs, cette pharmacie ferme
Pour tous vos traitements, je le dis en ces termes
Allez dont voir ailleurs car moi, j’ai de la chance
A partir de ce soir, moi, je suis en vacances.


Prix du jury
15ème salon des artistes du canton de Florensac(2008)

12/03/08

J'ai un ami

J’ai un ami
« J’ai un ami » dit il
Du fond de son cachot.
« J’ai un ami » crie-t-il
Sous les coups du bourreau.

Oui, tu as un ami
Même au fond du cachot
Oui tu as un ami
Sous les coups du bourreau

Ton ami est de là,
De là-bas et d’ailleurs.
Il t’accompagnera
O toi ami penseur,
Au bout de tes souffrances,
A ta libération.

Toi qui entends ces vers,
Es-tu de cet ami
Au visage « univers »
Qui s’appelle Amnesty ?

Alors prend ton stylo,
Ami, prend ton stylo !!

Offert à Amnesty Béziers

c'est noel

C’est noël.
La neige tombe à gros flocons.
Le vent siffle et pique le visage.
Il a 10 ans.
Dehors, dans la neige, il regarde au loin.
Un homme passe près de lui.
Le vent souffle.
L’enfant a le visage rosi par le froid.
L’air passe dans son manteau usé.
Il est dans un camps de réfugiés.
Quelque part, nulle part.
Il rentre sous la vielle tente.
Sa mère, dans un coin, tient le bébé qui pleure,
Dans son manteau de laine.
Il n’y a plus de feu dans le poêle.
Tout le bois est mouillé.
Le bébé ne pleure plus.
L’enfant regarde par la fenêtre.
Il regarde la neige boueuse.
Le bébé a le visage blanc.
Il ne bouge plus.
L’enfant est toujours à la fenêtre.
Il ne pense à rien.
Il n’est rien.
Il n’a que 10 ans.

offert à amnesty international Béziers

10/03/08

Questionnement de poète

Au bord de l’eau dont le miroir
Reflète l’arbre qui s’y noie,
Allongé sur le sol, un soir,
Sous un beau soleil qui rougeoie,
Je me dis que, décidément
Je ne serais jamais poète.
Je n’ai pas ces rêves déments
Qui comme le vent en tempête
Emporte la réalité
Pour laisser à la place un monde
Où l’illusion est vérité.


Jamais une idée plus profonde
Jamais un rêve plus léger.
Je parle du monde que j’aime,
De mes espoirs, de mes regrets.
Jamais, jamais dans un poème
Je n’ai imaginé plus loin.
Jamais un cheval qui s’envole,
Une mer aux couleurs des foins
Ni même une hirondelle folle.


Autrefois il y a longtemps
J’ai cru pouvoir être poète.
A cette époque où, débutant,
Par écrit je vidais ma tête.
J’espérais donc à cette époque
Devenir un roi de l’écrit.
Mais mon âme toujours suffoque
Jamais rêve ne s’en enfuis.


Je vais maintenant je le jure
Essayer de rêver plus haut,
De libérer mon écriture,
Pour que volent vraiment les mots
.

05/01/08

là-bas

C’est de là-bas, Amour, que ces mots vous parviennent
De ce rêve infini sans mépris ni souffrance.
C’est de là-bas, Amour, que tous ces mots proviennent
De ce rêve où jaillissent bonheur et insouciance
Ce rêve est de velours, de douceur et de paix,
Et les cœurs et les âmes en ce lieu ne font qu’un.
Cet endroit sans barrière où personne ne hait
Est amour et lumière et bonheur pour chacun.
Ce rêve où j’aime aller quand mon âme est « tempête »
Et que parfois la vie est trop dure à gérer,
Ce rêve où je m’enfouis pour me vider la tête
Je le lis dans vos yeux, Ô Amour, ma beauté

lapereau est malade

Lapereau a une otite
Et puis il a mal aux dents.
Il a mal quand il avale
Et quand il mord là, devant.
Il n’est pas content, il râle,
Il dit : « ce n’est pas marrant ».
Lapereau a une otite
Et puis il veut sa maman.

larme

Mon âme était triste. Mon cœur souffrait toujours
Du départ de Sarah, la fille que j’aimais
Et qui, un beau matin, qui semblait d’un bon jour,
Quitta avec son chien la maison, à jamais.

J’étais à la fenêtre regardant le ciel gris.
Les oiseaux s’étaient tus, les fleurs s’étaient fanées.
Une larme glissa sur ma joue amaigrie,
Tomba de mon menton sur le mur lézardé.
Elle continua jusques au caniveau
Et longeant le chemin que celui-ci dessine,
Elle continua par les monts et les vaux
Jusqu’à une rivière à l’eau très cristalline
Où se baignait Sarah, belle, fraîche et nue.

Cette partie de moi, ne fut-ce qu’une larme,
Ayant ainsi rejoint mon amour hors de vue,
Je pus comme par magie m’apaiser de se drame.

Le soleil revenu en mon âme et mon cœur
Mon regard assombri pu voir clair à nouveau
Et je pus ressentir ô ! Surprise et bonheur
La tendresse et l’amour qu’avait pour moi Margaux.

31/12/07

bobs à bord

Il existe des bobs à bord et des bobs pas à bord. Une fois que l’on sait ça on peut trouver:

Des bébés à bob à bord et des bébés à bob pas à bord ou des bébés pas à bob à bord ou des bébés pas à bob pas à bord mais un bébés pas à bob pas à bord n’est pas forcement un bébé à bob à bord comme un bébés pas à bob à bord n’est pas forcement un bébé à bob pas à bord.

Si on rajoute un bateau ça complique encore les choses car on peut trouver:

Des bébés à bob à bord, à bord ou des bébés à bob à bord, pas à bord mais aussi des bébés à bob pas à bord, à bord et des bébés à bob pas à bord, pas à bord mais également des bébés pas à bob à bord, à bord ou des bébés pas à bob à bord, pas à bord ou des bébés pas à bob pas à bord, à bord et des bébés pas à bob pas à bord, pas à bord.

Et bien sur, suivant où ils se trouvent:

On a des bébés à bob à bord, à bord, à bâbord et des bébés à bob à bord, à bord, pas à bâbord ou des bébés à bob pas à bord, à bord, à bâbord et des bébés à bob pas à bord, à bord, pas à bâbord ou bien des bébés pas à bob à bord, à bord, à bâbord et des bébés pas à bob à bord, à bord, pas à bâbord ou encore des bébés pas à bob pas à bord, à bord, à bâbord et des bébés pas à bob pas à bord, à bord, pas à bâbord.
Mais aussi des bébés à bob à bord, pas à bord, aux abords et des bébés à bob à bord, pas à bord, pas aux abords ou des bébés à bob pas à bord, pas à bord, aux abords et des bébés à bob pas à bord, pas à bord, pas aux abords mais également des bébés pas à bob à bord, pas à bord, aux abord et des bébés pas à bob à bord, pas à bord, pas aux abords et enfin des bébés pas à bob pas à bord, pas à bord, aux abords et des bébés pas à bob pas à bord, pas à bord, pas aux abords.

Si le bébé s’appelle bob alors on s'en sort plus.
…..

seule

Seule
Elle attend
Dans un coin de la pièce
Elle attend
Patiemment
Elle ne bouge pas
Pas même elle frémit
Personne ne la regarde
Personne ne la voit
Seule
Vide
Une chaise attend
Patiemment
Dans un coin de la pièce

rien

« Rien » dit-il
« Je ne veux rien faire »
Il s’assoit dans le près
Qui borde le centre.
Les arbres bercent de leurs grandes ramures
Les oiseaux et les feuilles.
Un oiseau justement pousse un cri stridant.
L’enfant lève la tête
Il épie dans les branches cherchant cet animal.
Son regard virevolte avec un papillon
Qui joue avec le vent.
Le soleil haut, éclaire les montagnes.
Une brise légère rafraîchie la vallée.
Il regarde maintenant entre quelques brins d’herbes
Une fourmis porté pitance
A sa reine, en son nid.
Il cueille une fleur et la porte à son nez.

Une demi-heure se passe
Il se lève
Prend une feuille et quelques crayons
Il dessine un paysage avec beaucoup d’oiseaux
Et, fier de son chef-d’œuvre,
L’offre à l’animateur
Avant d’aller jouer avec ses camarades.

A-t-il vraiment,
Comme on le dit souvent,
« Perdu son temps à ne rien faire » ??

quand la nuit noire sévit

Quand la nuit noire sévit
Que les ombres tapies
Ondulent dans un rayon de lune
Que les arbres, de peur,
Frémissent dans le vent
Que des cris mystérieux
Montent de la vallée
Je m’en vais me coucher
Mon nounours sous le bras
.

28/12/07

A mes parents

La vie n’a pas été tous les jours très facile.
Il y eu des moments qui étaient si fragiles
Qu’un simple coup de vent aurai pu les brisés.
Des moments de colères qu’il fallaient maîtriser.
Vous l’avez toujours fait avec grande justesse.
Il y eu des moment, de bonheur, de tendresse,
Où pour chacun de nous les lendemains brillaient.

Je veux ici vous dire et même vous crier :
« Je t’aime mon papa ! » « Je t’aime ma maman ! »
Vous nous avez aimé au-delà de vos vies.
Je ne sais pas comment peux dire « merci ».
Alors acceptez donc ce modeste poème
Petite marque d’amour. Mes parents je vous aime !

poème: mode d'emploi

Pour écrire un poème ? Non rien de plus facile.
Peu importe les rimes si elles viennent du cœur.
Le nombre de syllabe ? Non c’est pas difficile.
Il faut pour faire des vers entendre battre son cœur.

D’abord, fermez les yeux. C’est ça détendez-vous.
Et surtout oubliez de compter sur vos doigts.
Laissez donc remonter tous ces sentiments doux
Où bien très douloureux. La tristesse, la joie.
Vous vous sentez fébrile, votre main tremble un peu ?
Et votre cœur se serre ? Vous êtes un peu perdu ?
C’est le moment d’écrire les quelques mots heureux
Qui s'envolent de vous. C’est ça! sans retenu.
Ecoutez leur musique vous l’apprivoiserez.

Et si, ma foi, un jour, des larmes coulent des yeux
Alors qu’en écrivant vous êtes libéré,
C’est que vos quelques vers feront bien des envieux.


exposé au 15éme salon national des artistes du canton de Florensac (2008)

A toi

A toi, bel amoureux, dans un rayon de lune,
Qui aime chantonner des airs si mélodieux
Qu’une étoile filante qui traverse les cieux
Danse avec les notes et parfois en vole une.


A toi, petit enfant qui cours sur le trottoir
Pour échapper au chien du vieux voisin grincheux.

A toi le paysan dans ton champ caillouteux
Qui travaille très dur du matin jusqu'au soir.

A toi femme au foyer élevant tes enfants
Et n’ayant pas le temps de prendre de loisirs.

A toi morne vieillard ne cessant de gémir
Contre le chaud, le froid, les voisins trop bruyants.

A toi jeune étudiant qui, le soir, fait la fête
Au milieu des bouquins et de quelques amis.
A toi aussi, très loin, dont j’ignore la vie.

A toi la femme en ceinte, à toi bébé qui tète.

A toi qui est tout seul, à toi accompagné.

A toi que j’ai aimé, à toi que j’ai haïs.

A toi belle inconnue qui traversa ma vie.

A toi peut être aussi que je n’ai pas cité.

C’est à toi, Etre Humain, qui je dédis ces vers.